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Le chef des costumes bleus orchestra la présentation des sept brevets IBM revendiqués qui étaient enfreints, dont le plus important était le notoire brevet "lignes épaisses" d'IBM: Pour transformer une ligne fine sur un écran d'ordinateur en une ligne large, vous allez à une distance égale au-dessus et au-dessous des extrémités de la ligne fine et connectez alors les quatre points. Vous avez sûrement appris cette technique de transformation d'une ligne en rectangle en cours de géométrie en classe de 5ème, et, sans doute, vous croyez que cela a été imaginé par Euclide ou quelque penseur vieux de 3000 ans. Pas selon les examinateurs de l'Office des Brevets Américain, qui a accordé à IBM un brevet sur ce procédé.
Après la présentation d'IBM, notre tour vint. Alors que l'équipe de Big Blue regardait (sans une once d'émotion) mes collègues--tous licenciés à la fois en droit et en ingénierie--occupés sur le tableau blanc avec des marqueurs, illustrant méthodiquement, disséquant, et démolissant les revendications d'IBM. Nous avons utilisé des phrases comme: "Vous devez plaisanter," et "Vous devriez avoir honte." Mais l'équipe d'IBM ne montra aucune émotion, en gardant une indifférence totale. En confiance, nous assénions notre conclusion: Seul un des sept brevets d'IBM serait recevable par un tribunal, et aucun tribunal rationnel ne trouverait que la technologie de Sun enfreignait même celui-là.
Un silence embarrassé s'ensuivit. Les costumes bleus ne se concertèrent même pas. Ils restèrent juste assis là, comme des statues. Finalement, le chef des costumes bleus répondit. "OK," dit-il, "peut-être que vous n'enfreignez pas ces sept brevets. Mais nous avons dix mille brevets américains. Voulez-vous vraiment que nous retournions à Armonk [le quartier général de IBM à New York] et que nous trouvions sept brevets que vous enfreignez? Ou voulez-vous faciliter ceci et nous payer vingt millions de dollars?" Après une très courte négociation, Sun donna à IBM un chèque, et les costumes bleus s'en allèrent vers la compagnie suivante sur leur liste de compagnies à assassiner.
Dans la société Amérique, ce genre d'extorsion se répète chaque semaine. Le brevet comme stimulant de l'invention a depuis longtemps ouvert la voie au brevet comme instrument contondant pour établir la mainmise sur l'innovation.
Les mécanismes physiques ne sont pas si prévisibles, car les objets physiques ont des comportements étranges. Si un programme est supposé compter de un à mille, il fait exactement cela. Si vous construisez un compteur à partir de machinerie, une courroie peut glisser et compter le nombre cinquante-huit deux fois, ou un rouage peut dérailler et vous pouvez sauter 572. Ces problèmes rendent la conception d'appareillage mécanique fiable très difficile.
Quand nous, programmeurs, mettons une déclaration while à l'intérieur d'une déclaration if, nous n'avons pas à nous préoccuper de savoir si la déclaration while fonctionnera tellement longtemps que cela brûlera la déclaration if, ou si cela contre la déclaration if et si cela l'usera. Nous n'avons pas à nous inquiéter de savoir si cela vibrera à la mauvaise vitesse et si la déclaration if entrera en résonance et se cassera. Nous n'avons pas besoin de nous inquiéter du remplacement d'une déclaration if cassée. Nous n'avons pas besoin de savoir si la déclaration if peut délivrer suffisamment de courant à la déclaration while sans chute de courant. Il y a beaucoup de problèmes de conception matérielle dont nous n'avons pas à nous préoccuper.
Le résultat, c'est que le logiciel est beaucoup plus facile à concevoir, par composant, que le matériel. C'est pourquoi aujourd'hui, les concepteurs utilisent le logiciel plutôt que le matériel chaque fois qu'ils le peuvent. C'est aussi pourquoi, des petites équipes développent souvent des programmes d'ordinateurs d'une formidable complexité.
Les gens me disent naïvement, "Si votre programme est innovant, alors pourquoi ne pas le breveter?" Cette question présume qu'un produit ne nécessite qu'un brevet.
Dans certains domaines, comme celui des produits pharmaceutiques, les brevets fonctionnent souvent de cette manière. Le logiciel est à l'extrême opposé: un brevet typique couvre beaucoup de programmes dissemblables et même un programme innovant enfreindrait probablement plusieurs brevets.
C'est pourquoi un programme considérable doit combiner un grand nombre de techniques différentes, et impliquer beaucoup de caractéristiques. Même si quelques uns sont de nouvelles inventions, cela en laisse quand même beaucoup qui ne le sont pas. Chaque technique ou caractéristique vieille de moins de vingt ans est susceptible d'être déjà brevetée par quelqu'un d'autre. Que ce soit effectivement breveté est juste une affaire de chance.
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J'ai expliqué comment les brevets entravent le progrès. L'encouragent-il aussi?
Les brevets ne peuvent encourager que peu de gens à chercher de nouvelles idées à breveter. Ils ne sont pas d'une grande aide car il y a eu beaucoup d'innovations sans brevets. (Regardez les journaux et les publicités des années 1980 et vous verrez.) Les nouvelles idées ne sont pas le facteur limitant dans notre domaine. Le travail le plus dur est le développement de grands systèmes.
Les gens qui développent des systèmes ont de nouvelles idées de temps en temps. Naturellement, ils utilisent ces idées. Avant les brevets, ils publiaient leurs idées aussi, pour le prestige. Tant que nous aurons beaucoup de développement logiciel, nous aurons un flux continu de nouvelles idées publiées.
Le système de brevet entrave le développement. Cela nous pousse à nous demander, pour chaque décision de conception, "Serons-nous poursuivis?". Et la réponse est une affaire de chance. Cela conduit à des développements plus onéreux et à moins de développement.
Avec moins de développement, les programmeurs auront encore moins d'idées au fur et à mesure. Les brevets peuvent effectivement réduire le nombre d'idées brevetables qui sont publiées.
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Il y a dix ans, le domaine du logiciel fonctionnait sans brevet. Sans brevet, ce domaine a produit des innovations telles que Windows, la réalité virtuelle, les tableurs, et les réseaux. Et grâce à l'absence des brevets, les programmeurs pouvaient développer des logiciels utilisant ces innovations.
Nous n'avons pas demandé le changement qui s'est imposé à nous. Il n'y a aucun doute sur le fait que les brevets logiciels nous mettent la corde au cou. S'il n'y a pas de besoin public clair et vital de nous ligoter dans la bureaucratie, détachez-nous et laissez-nous retourner au travail!
L'expérience américaine des brevets logiciels est désastreuse. Avant de les imiter, nous devrions essayer de voir s'ils ne seraient pas d'accord pour changer leur système.
Pour ce faire, il sera nécessaire de faire du lobbying auprès des grands éditeurs américains;
Les éditeurs de logiciel européens préfèrent vivre avec la pression de devoir faire progresser leurs logiciels en permanence plutôt que de déposer des brevets, d'attaquer d'autres éditeurs, et de courir le risque permanent d'enfreindre le brevet d'autres sociétés;
Le logiciel libre est un problème orthogonal. On peut imaginer déposer des brevets avant de publier un logiciel libre sur le Net, et donc créer des situations inextricables sur le plan juridique;
L'argument que les start-ups du logiciel ne lèvent pas d'argent sans brevet est fallacieux, je n'ai jamais rencontré ce cas de figure.
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Le temps et l'argent que nous dépensons en montant des dossiers de brevets, en poursuite judiciaire, en maintenance, en litige et en droits d'usage serait mieux dépensé en recherche et développement de produits conduisant à plus d'innovation. Mais nous remplissons des dossiers de centaines de brevets chaque année pour des raisons sans rapport avec la promotion ou la protection de l'innovation.
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De plus, entasser les brevets ne résout pas vraiment le problème de violation non intentionnelle de brevet dans le développement indépendant. Si nous sommes accusés de violation de brevet par son détenteur, qui ne fabrique ou ne vend pas les produits, ou qui vend dans de très moindres volumes que nous, nos brevets n'ont pas une valeur suffisante aux yeux de l'autre partie pour le décourager d'une poursuite judiciaire ou pour réduire la somme d'argent demandée par l'autre société. Donc, plutôt que de récompenser l'innovation, le système de brevets pénalise les sociétés innovantes qui réussissent a apporter de nouveaux produits sur le marché et il subventionne ou récompense ceux qui n'ont pas réussi à le faire.
Cela nuira à nos sociétés et nos résultats d'opérations si nous ne sommes pas capables d'obtenir des licences pour des technologies tierces dans des termes raisonnables.
Nous demeurons dépendant en partie des autorisations de licence de la tierce partie qui nous permettent d'utiliser la technologie tierce pour développer et produire nos produits. Cependant, nous ne pouvons pas être certains que de telles licences seront disponibles pour nous dans des termes commerciaux raisonnables ou disponibles tout court.
En somme, en grande partie parce que le système de brevet actuel est mal adapté à l'industrie d'outil de conception logicielle, l'industrie a évolué pour minimiser l'impact des brevets sur la compétitivité et a compté sur d'autres d'autres pilotes de l'innovation plus orientés marché. Je pense que c'est une occasion manquée pour l'accélération de la croissance économique et technologique dans l'industrie.
J'ai pris récemment un de mes chefs développeurs, un homme qui est considéré comme une référence dans son domaine -- il siège aux comités MPEG et ITU, et il est très impliqué dans le paysage de la propriété intellectuelle sur tout ce qui touche à la vidéo numérique -- et je lui ai demandé d'évaluer un brevet particulier dont nous avions entendu parler sur le marché.
Nous avons fait une recherche rapide sur le site web de l'Office des Brevets Américain, qui à propos est très pratique, et nous avons découvert pas moins de cent-vingt brevets qui revendiquaient être dans le champ d'application général de ce brevet particulier, qui était abondamment cité.
Le pauvre homme a perdu la plus grande partie de cinq jours à examiner tous ces différents brevets et revint me voir, "Je n'ai pas la moindre petite idée sur le fait que nous enfreignons ou pas ces brevets, et franchement, ils ont tous l'air de s'enfreindre mutuellement."
Le résultat final, c'est que je ne sais absolument pas si mon produit enfreint plus de cent-vingt brevets, lesquels sont tous détenus par de grandes sociétés qui pourraient me poursuivre sans même y penser.
En conclusion, un peu comme Borland, j'ai fait une directive qui réalloue en gros vingt à trente pour cents des ressources de nos développeurs et j'ai signé avec deux agences de brevets afin d'augmenter notre portefeuille de brevets et d'être capable de s'engager dans le conflit vomitif des brevets. Je pense que le concept ici serait nommé propos belliqueux. Je dois être capable de dire, "Ouais, moi aussi j'ai breveté ça, alors allez-vous en et laissez-moi seul."
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Par exemple, quand nous, chez Adobe, avons fondé une société sur le concept d'un logiciel pour révolutionner le monde de l'impression, nous pensions qu'il n'y avait aucune possibilité de breveter notre travail. Cette croyance ne nous a pas arrêtés pour créer ce logiciel, ni découragés les capital-risqueurs futés qui nous ont aidés avec les premiers investissements. Nous avons fait de très bonnes affaires bien que nous n'eussions pas de brevets couvrant notre travail original.
D'un autre côté, l'émergence ces dernières années de brevets logiciels a causé du tort à Adobe et à l'industrie. Une "taxe sur les litiges de brevets" est une entrave à notre santé financière, que notre industrie ne peut se permettre. Des ressources qui auraient pu être utilisées pour davantage d'innovation ont été détournées pour le problème des brevets. Des ingénieurs et scientifiques comme moi-même qui auraient pu créer de nouveaux logiciels travaillent à la place à l'analyse de brevets, au dépôt de dossier de brevets et à la préparation des défenses. Les revenus sont engloutis dans les dépenses juridiques au lieu de la recherche et du développement. Il est clair pour moi que le mandat constitutionnel pour promouvoir le progrès dans les métiers utiles n'est pas rempli par la question des brevets logiciels.
Il y a des brevets qui sortent aujourd'hui avec des centaines de revendications, inintelligible pour la plupart des gens exceptés ceux qui les ont construits. Et cependant, les gens qui les enfreignent mettent quelquefois en péril toute une vie d'investissement ou leur division ou leur produit. Ce système ne fonctionne pas bien pour être l'aiguillon de l'innovation ou pour remplir le mandat constitutionnel.
En effet, pour ceux d'entre vous qui étaient là ce matin et qui ont écouté les personnes de l'industrie logicielle parler de la menace que cela représentait pour leur sociétés, comme je le vois, les brevets aujourd'hui permettent aux sociétés établies de se retrancher derrière eux aux dépens du nouveau venu. Je demande aujourd'hui si un Steve Jobs pourrait créer un Apple ou un Bill Gates créer un Microsoft en vue sur le web et dans la forêt de brevets qui est là.
La loi sur les brevets fournit aux inventeurs un droit exclusif sur une nouvelle technologie en contrepartie de la publication de la technologie. Ceci n'est pas approprié pour les industries telles que celles du développement logiciel, pour lesquelles les innovations arrivent rapidement, peuvent être réalisées sans apport de capital substantiel, et qui tendent à être des combinaisons créatives de techniques déjà connues.
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Malheureusement, comme stratégie de défense, Oracle a été forcée pour se protéger de déposer sélectivement des brevets, ce qui donnera les meilleures opportunités de licences croisées entre Oracle et d'autres sociétés qui pourraient prétendre qu'un de leurs brevets a été violé.
La question fondamentale est: Voulons-nous permettre la détention d'un monopole sur tout ce qui fonctionne comme des processus intellectuels logiques? J'espère que non.
L'esprit a toujours été sacro-saint. La revendication pour que les processus intellectuels et les procédures logiques (qui ne manipulent pas principalement des équipements) puissent être détenues ou monopolisées développe bien trop l'avidité et l'avarice. Les processus intellectuel algorithmiques doivent demeurer non brevetables -- même s'ils sont représentés par du codage binaire dans un ordinateur; même s'ils sont exécutés par le successeur de la calculatrice.
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Ce qui effraie et rend furieux tant d'entre nous au sujet des brevets logiciels, c'est qu'ils cherchent à monopoliser nos processus intellectuels quand leur représentation ou leur exécution est assistée par une machine.
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Tout ce qui est représenté ou exécuté par logiciel est d'abord un processus intellectuel algorithmique complètement détaillé. Il n'y a pas d'exception, autre que par erreur.
C'est pourquoi, je proteste respectueusement contre le titre donné à ces auditions -- "Inventions Relatives aux Logiciels" -- puisque vous n'êtes pas essentiellement concernés par des gadgets contrôlés par logiciel. Le titre illustre un parti pris inapproprié et prêtant sérieusement à confusion. En fait, en plus d'un quart de siècle en tant que professionnel des ordinateurs et observateur et écrivain dans cette industrie, je ne me souviens pas avoir jamais entendu ou lu une telle phrase -- excepté dans le contexte des revendications juridiques pour le monopole, où les demandeurs essayaient de dénaturer la tradition de brevetage des équipements afin de monopoliser l'exécution des processus intellectuels.
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Il n'y a absolument aucune preuve, quoi qu'il en soit -- pas une once -- que les brevets logiciels ont facilité ou faciliteront le progrès.
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La société pour laquelle je parle, Autodesk, détient un certain nombre de brevets logiciels et en a déposé d'autres -- qui, bien sûr, demeurent secrets selon la loi américaine actuelle. Cependant, tous sont défensifs -- dans un phénoménal gaspillage de nos talents techniques et de nos ressources financières, rendu nécessaire seulement par l'invention de brevets logiciels des avocats.
Autodesk a affronté au moins dix-sept revendications de brevets sans fondement faites à son encontre et a dépensé plus d'un million de dollars pour se défendre, et certainement des millions à venir pour tarir le puits sans fonds des brevets à moins que nous n'arrêtions cette débâcle. Heureusement -- contrairement aux producteurs de logiciels plus modestes -- nous avons les ressources techniques et financières pour repousser de telles revendications. Nous avons réfuté toutes les revendication sauf une, avant même que les détenteurs de brevets puissent engager une action vaine judiciaire, et nous avons contesté la revendication restante en conclusion. Remarquez que votre Office a délivré au moins seize brevets que nous avons réfuté avec succès, et nous n'avons jamais payé un penny pour ces tentatives d'extorsions auxquelles votre Office a prêté son concours.
Mais ce fut un énorme gaspillage de ressources qui auraient pu être mieux investies en innovation utile. Ces revendications infondées et interminables bénéficient aux avocats en brevets, mais elles ne facilitent certainement pas le progrès.
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Nous proposons deux recommandations, la seconde ayant douze parties -- pour ainsi dire, les Douze Apôtres de la Réparation:
PREMIÈREMENT: Publier le résultat que le logiciel, comme je l'ai défini, met en oeuvre des processus intellectuels qui n'ont pas d'incarnation physique; processus qui sont exclusivement de nature analytique, intellectuelle, logique et algorithmique. Utilisez ce résultat ainsi que l'intention Constitutionnelle clairement énoncée, pour déclarer que l'Office des Brevets s'est trompé quand il a accordé des brevets logiciels. Déclarez que les brevets logiciels monopolisent les processus intellectuels et algorithmiques, et aussi, qu'ils ne réussissent pas à remplir le mandat Constitutionnel de facilitation du progrès -- qu'en fait, ils menacent clairement cet objectif.
[...]
DEUXIÈMEMENT: Tant que -- et seulement tant que -- les brevets logiciels soient définitivement interdits, rejetez ou au moins gelez toute application de ce genre qui n'a pas encore été accordée, en attendant qu'une action concluante soit entreprise sur les douze recommandations suivantes:
RÉPARER LES ERREURS GRAVES DES ADMINISTRATIONS PRÉCÉDENTES: Publiez le résultat qu'il y a eu beaucoup d'erreurs, et d'erreurs graves de jugement sur un grand pourcentage de brevets logiciels délivrés par le passé, et demandez immédiatement le retour de tous les brevets logiciels pour correction et annulation possible.
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Laissez-nous nous épauler plutôt que de nous laisser nous marcher sur les pieds.
[...]
La période de protection par brevet, dix-sept ans, n'a plus de sens dans une ère où une génération entière de technologies disparaît en quelques années.
[...]
Si quelque futur plaignant réussit à confirmer les droits d'un de ces "mauvais" brevets, cela demandera un litige long et coûteux, dont l'issue est franchement incertaine, pour défendre les droits des créateurs qui n'auraient jamais du être récusés en premier lieu.
Le fait est que les techniciens se portent mieux à ne pas regarder les brevets. Si vous ne savez pas ce qu'ils couvrent et où ils sont, vous ne violerez pas sciemment l'un d'entre eux. Si quelqu'un vous poursuit en justice, vous changez l'algorithme ou vous engagez simplement un homme de main pour rosser le stupide imbécile.
Do you believe a corporation should have the right to control what computer programs I can write and publish?
Sans doute pas encore.
En réalité, les règles nationales et conventionnelles sont claires: elles posent sans équivoque un principe de non-brevetabilité du logiciel. Le jeu qui se joue aujourd'hui consiste à contourner d'une manière ou d'une autre celles-ci, par exemple en imaginant de considérer, comme on l'a vu, l'ensemble constitué par le matériel et le logiciel comme une machine virtuelle susceptible (demain ...) d'être breveteée. À ce compte-là, on peut parler brevets. Les brevets susceptibles d'être ainsi obtenus, par ce canal ou un autre, n'ont, toutefois, que la valeur qu'on leur prête - mais il ne faut pas écarter l'hypothèse selon laquelle on finirait par une sorte de consensus à ne pas vraiment la discuter. De fait, l'efficacité de ce countournement des règles légales sera largement fonction du fait qu'un tel consensus se dégagera pour accepter --- contre les règles positives --- que ce nouveau jeu se joue ou non. La question ne se situe plus sur le terrain juridique stricto sensu.
Sur ce terrain, c'est en termes d'évolution des règles écrites qu'il faudrait se situer (en termes de levée des interdits).
...
De plus, on peut avoir de bonnes raisons de conclure que, étant donné l'unanimité avec laquelle la jurisprudence et la littérature ont constamment insisté sur les limitations de la brevetabilité aux inventions de nature technique, on peut parler d'un droit coutumier à ce sujet.
Mais peu importe finalement. En effet le concept de technicité apparaît comme le seul qui puisse servir à distinguer clairement ce qui est brevetable de ce qui relève plutôt d'une autre forme de production intellectuelle de l'homme pour laquelle le brevet n'est ni approprié ni envisagé. Si l'on devait renoncer à cette ligne de partage, il n'y aurait plus, par exemple, de possibilité certaine de faire la différence entre les les prestations brevetables et celles pour lesquelles le législateur a attribué d'autres formes de protection, en particulier le droit d'auteur. Le système allemand de propriété industrielle et droit d'auteur repose essentiellement sur le fait que certaines formes de protection sont valables pour certaines catégories précises de prestations intellectuelles et qu'il faut éviter autant que possible les recoupements entre ces différents droits de protection. La loi sur les brevets n'a tout de même pas été conçue comme une loi à tout faire au sein de laquelle les catégories de prestations intellectuelles pour lesquelles rien n'a été prévu par la loi pourraient trouver une protection, mais comme une loi spécialisée, visante à protéger un ensemble clairement délimité de prestations intellectuelles : les prestations techniques, et elle a toujour été comprise et appliquée comme telle.
Par conséquent, il faut empêcher le système de protection des biens intellectuels d'obtenir une extension des limites de la technicité, concept qui serait alors détourné de son rôle. Il doit rester clair, bien au contraire, qu'une règle d'organisation ou de calcul en elle-même ne mérite pas de se voir protégée par un brevet si sa relation au domaine technique ne repose que sur l'emploi d'un ordinateur dans l'usage commercial qui en est fait. Il ne nous appartient pas de débattre ici de l'éventuelle protection qui peut lui être accordée soit par le droit d'auteur, soit par le droit de la concurrence.
[...]
In considering whether an invention is present, [the examiner] should disregard the form or kind of claim and concentrate on the content in order to identify the novel contribution which the alleged
So pflegen das Erarbeiten des Lösungsprinzips, das einem Computerprogramm zugrundeliegt, seine Umsetzung in Programmvorstufe wie Ablaufplan oder Datenflussplan und schließlich das maschinenlesbare Programm selbst beträchtlichen Aufwand zu erfordern. Die geistigen Leistungen, die dabei erbracht werden, sind gewiss nicht generell geringer als bei vielen patentwürdigen technischen Erfindungen. Wirtschaftlich ist Datenverarbeitungs-Software oft von bedeutendem Wert; ...
Der BGH lehnt es freilich ab, auf das Erfordernis des technischen Charakters zu verzichten.
...
Durch Ausdehnung des Technikbegriffs den Anwendungsbereich des Patentschutzes zu erweitern, hält der BGH ebenfalls nicht für richtig.
...
National Research Council of the USA 2000
Im Falle seiner Lockerung werde Schritt für Schritt allen Lehren für verstandesmäßige Tätigkeit der Patentschutz eröffnet; hiergegen bestünden Bedenken insbesondere wegen der Freihaltebedürfnisse in Bezug auf Arbeitsergebnisse und Methoden der Betriebswirtschaft (für Management, Organisation, Rechnungswesen, Finanzierung, Werbung, Marketing usw.), die von allen Wirtschaftsunternehmen benötigt würden, und auf Algorithmen, wie sie Computerprogrammen zugrundeliegen.
Auf der anderen Seite wird eine Überprüfung des Ausschlusses nichttechnischer Handlungsanweisungen verlangt, da er vorwiegend historisch bedingt und nicht mehr zeitgemäß sei.
2. Für das geltende Recht wird es bei der vom BGH bekräftigten Begrenzung des Patentschutzes auf technische Erfindungen sein Bewenden haben müssen. Neben der ausdrücklichen Regelung in §1 Abs 2 PatG und Art 52 Abs 2 EPÜ erlaubt es auch die bestehende institutionelle und organisatorische Ausgestaltung des Patentwesens, die durchweg auf das Gebiet der Technik zugeschnitten ist, nicht, hierüber durch richterliche Rechtsfortbildung hinauszugehen.
Eine gesetzgeberische Fortentwicklung hätte jedenfalls daran festzuhalten, dass Ausschlussrechte von nicht übersehbarer Tragweite vermieden werden müssen; mindestens Entdeckungen, wissenschaftlichen Theorien und mathematischen Methoden müsste deshalb der Patentschutz verschlossen bleiben.
3. Dagegen ist im Bereich der nichttechnischen Handlungsanweisungen und der Informationsvermittlung nicht notwendigerweise der mögliche Anwendungsbereich von Neuerungen so breit, dass die Reichweite eines Ausschlussrechts unkalkulierbar werden muss. Ob sich die Zulassung zum Patentschutz empfiehlt, hängt davon ab, wie die Schutz- und Belohnungsinteressen im Vergleich zu den Freihaltebedürfnissen zu werten sind.
Tendenziell dürfte hierbei das Freihaltebedürfnis schwerer wiegen als bei technischen Erfindungen, weil Ausschlussrechte an Neuerungen, die der Mensch ohne Einsatz von Naturkräften benutzen kann, weniger als solche an technischen Erfindungen durch außerhalb seiner selbst liegende Objekte definiert sind und deshalb regelmäßig unmittelbarer und stärker in seine Handlungsfreiheit eingreifen. Insbesondere wären von Ausschlussrechten an kommerziellen Neuerungen erhebliche wettbewerbsbeschränkende Effekte zu befürchten.
Kein hinreichendes Argument für die Gewährung von Patentschutz ist der Umstand, dass die geistige Leistung, der sie zugutekommen soll, anderweitig nicht oder nicht umfassend geschützt ist. Vielmehr können die Grenzen des nach geltendem Recht erreichbaren Schutzes auch Anzeichen dafür sein, dass den Freihaltungsinteressen der Vorrang gebührt.
[...]
Die Behauptung, die Beschränkung des Ausschlusses von Software von der Patentierbarkeit auf Software als solche in Absatz 3 habe den Zweck, im Lichte der Entwicklung der Informationstechnik durch Anerkennung der Patentierbarkeit den technischen Fortschritt zu fördern, überzeugt nicht. Falls der Gesetzgeber einen solchen Zweck verfolgt haben sollte, hätte er den Ausschluss in Absatz 2 von vornherein nicht vorgesehen. Die Unterstellung eines mit dem gewünschten Ergebnis übereinstimmenden Gesetzeszweckes ist zwar keine korrekte Anwendung der teleologischen Auslegungsmethode, zeigt aber deutlich die Bereitschaft der technischen Beschwerdekammer, die eigenen Wertungen an die Stelle der Wertung des Gesetzgebers zu setzen.
After jurisprudence has taken hold of any area treated by the law, it is up to science to develop it and all the other disciplines must resign; from now on it is the method of judicial thinking which must rule.
Erst kürzlich hatten wir eine Patentkonkurrenz prüfen (einen eventuellen Konflikt mit einem konkreten US-Patent) lassen und wir schalteten dafür eine hochspezialisierte, deutsche Patentanwaltskanzlei ein.
Die Diagnose dieser Kanzlei (für ca. 4000,00 Euro netto) war: Für die Prüfung, ob eine Verletzung des gezielt benannten US-Patents vorliegt verlangt ein US-amerikanischer Patentanwalt 25.000,00 USD Vorschuss. Schlimmer aber ist, dass nach deren Prognose die Aussage des amerikanischen Kollegen nicht lauten wird: "ja - Patentverletzung" oder "nein - keine Patentverletzung". Die Antwort wird - nach der Prognose der deutschen Spezialisten sein -: "Möglicherweise", "Es ist nicht auszuschließen, dass ...". Damit soll nicht mangelhafte Ausbildung der Kollegen gerügt werden, denn schon die deutschen Spezialisten erkannten: Recherchen, geschweige denn: Prüfungen, sind zumindest im Bereich der Bioinformatiksoftwarepatente oft nicht mehr wirklich leistbar.
Developed and developing countries have historically provided that certain things do not constitute inventions for the purpose of patent protection. Included in these are those set out, for example, in Article 52 of the European Patent Convention (EPC):
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Even though subsequent EPO practice and jurisprudence have to some extent diluted the scope of these Articles,13 it would seem entirely reasonable for most developing countries to adopt this list of exclusions as a minimum.
[...]
Summary of Recommendations Relating to the Patent System
[...]
Exclude from patentability computer programs and business methods
[...]
Aus ökonomischer Sicht ist die Sinnhaftigkeit eines Patentschutzes danach zu beurteilen, ob dieser effiziente Anreize für die Investition in Forschung und Entwicklung setzt. Immaterielle Güter zeichnen sich dadurch aus, dass sie beliebig und kostenlos reproduzierbar sind und der Konsum von Wissen durch eine Person eine andere Person nicht daran hindert, dieses Wissen ebenfalls zu konsumieren. Der Einzelne wird deshalb nur so viel in die Produktion von Wissen investieren, wie er durch seinen eigenen Konsum rechtfertigen kann. Dies führt insgesamt zu einer ineffizient niedrigen Produktion von Wissen. Deshalb müssen Anreize, z.B. durch Patente, geschaffen werden, die die kostenintensive Produktion von Wissen in einem darüber hinausgehenden Maß bewirken. Ökonomisch gesehen wird bei einem Patent ein (ineffizientes) Monopol vorübergehend gewährt, um Produktionsanreize zu setzen. Das soeben dargestellte Modell ist weitgehend statisch. Kompliziertere Szenarien haben demgegenüber gezeigt, dass eine Verstärkung des Patentschutzes keineswegs zwingend zu einem vermehrten Forschungsaufwand führt. Im Gegensatz zur allgemeinen Annahme, dass weitgehender immaterialgüterrechtlicher Schutz zu höherer Investitionstätigkeit führt, vermochten Untersuchungen, die unter ähnlichen Bedingungen wie die der Softwareindustrie operiert6, eine generelle Zunahme der Ausgaben für Forschung und Entwicklung nicht nachzuweisen7. Empirische Studien über das Verhalten von kleinen und mittleren Unternehmen im Softwarebereich haben gezeigt, dass Patente für diese zu den am wenigsten effizienten Methoden des Investitionsschutzes zählen.
Vor diesem Hintergrund ist eine Ausdehnung des Patentschutzes auf Computerprogramme kritisch zu bewerten. Die Entwicklung von Software ist generell nicht kapitalintensiv, außerdem bestehen auf diesen Märkten bereits Netzeffekte, die wiederum Konzentrationstendenzen begünstigen. Durch Softwarepatente werden insbesondere für kleine und mittlere Unternehmen erhebliche Marktbarrieren entstehen. Open-Source-Softwareprodukte stellen ex definitione den Programmcode allen Interessierten zur Verfügung und könnten Patentschutz deshalb generell nicht in Anspruch nehmen. Die mit dem Patentschutz verbundene vorübergehende Monopolstellung eines Unternehmens ist geeignet, die Konzentrationstendenzen auf dem Markt für Softwareprodukte weiter zu verstärken und den Wettbewerb zu behindern.
There are many reasons to be concerned. ...
An historical awareness of the political economy of patent reform suggests that this task is not easy at the domestic policy level. This is basically because those who perceive they would lose by such reform are concentrated, powerful and active defenders of their interests. In contrast, those who would gain by patent reform are diffuse and hardly aware of their interest in the matter.
Il est permis de s'interroger sur la finalité réelle d'une telle directive, en particulier au regard de l'exposé des motifs, qui s'ouvre sur des considérations relatives à la nécessité de protéger l'industrie du logiciel contre le piratage, et évoque presque exclusivement, dans les documents annexes à la directive, les logiciels et
Convient-il aujourd'hui d'étendre les brevets, outils de l'ère industrielle, à des créations de l'esprit, immatérielles, comme les logiciels et au résultat de leur exécution par ordinateur ? La réponse est tout à fait explicite et partisane dans la présentation de la proposition de directive et la fiche d'impact. Le champ de vision étroit adopté, partant du régime juridique des brevets comme motivation unique, sans considération suffisante des facteurs économiques, de l'impact sur la recherche, sur les entreprises européennes, donc sans vision d'ensemble, n'est pas en cohérence avec l'importance des enjeux de société, de développement et même de démocratie (e-administration, éducation, information des citoyens) qui sont en cause à terme.
En ce qui concerne le cas du logiciel, les débats qui ont eu lieu dès les années soixante-dix dans les grands pays concernés ont tous conclu au recours au système du droit d'auteur, bien que ce système ne constitue qu'un cadre juridique imparfait quant aux spécificités de ce secteur. La Directive européenne du 1er janvier 1993 a notamment montré une voie de sagesse en vue de favoriser l'interopérabilité des programmes afin de contrecarrer les stratégies anticoncurrentielles de recherche de position dominante. Mais depuis plusieurs années, la jurisprudence américaine a été conduite à accorder la délivrance de brevets pour des "composants" logiciels, à laquelle elle avait été jusque là hostile. Et la pression américaine sur l'Europe se fait de plus en plus vive pour que la brevetabilité soit acceptée au niveau européen.
Or l'enjeu est ici des plus importants. Une telle pratique menace la dynamique de l'innovation dans cette industrie, dans la mesure où elle conduit à un cloisonnement des savoirs et des procédures, qui interdit toute pratique combinatoire. Ainsi parmi la multitude de brevets déposés et accordés aux Etats-Unis, on trouve un très grand nombre de procédures, voire d'algorithmes. Beaucoup d'entre eux apparaissent éloignés des critères de nouveauté et d'originalité, qui conditionnent en principe la délivrance d'un brevet.
L'institutionnalisation de la délivrance de brevets dans le domaine du logiciel constituerait une arme pour le renforcement de la position dominante des plus gros leaders américains du secteur. Elle constituerait une menace directe pour l'immense population des PME innovantes dans cette activité, tant en Europe qu'aux USA et dans les pays tiers. Elle serait enfin un très lourd handicap pour l'industrie européenne du logiciel dont la compétitivité a beaucoup de mal à s'affirmer commercialement, malgré le haut niveau des compétences qui s'y déploient.
Le brevet logiciel n'est pas forcément adapté au rythme de l'innovation dans ce secteur : son délai d'obtention est trop long, comme la durée de la protection (20 ans). Les innovations dans le domaine du logiciel sont dans leur nature très proches de la découverte mathématique : nouvelle méthode de calcul, nouvel algorithme ou technique mathématique connue appliquée à un problème spécifique. Comment et où tracer la ligne de partage entre procédé logiciel et méthode intellectuelle ? Il faut aussi rappeler que le logiciel bénéfice déjà, dans notre droit de la propriété intellectuelle, d'une protection juridique significative.
Propositions
Les négociations en cours au plan européen appellent donc des positions fermes : ainsi, tant qu'il n'est pas démontré qu'elle pourrait favoriser effectivement l'innovation, les socialistes considèrent que :
Le brevet logiciel n'est pas forcément adapté au rythme de l'innovation dans ce secteur : son délai d'obtention est trop long, comme la durée de la protection (20 ans). Les innovations dans le domaine du logiciel sont dans leur nature très proches de la découverte mathématique : nouvelle méthode de calcul, nouvel algorithme ou technique mathématique connue appliquée &